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Vendredi 01 Août 2008
Tout a commencé avec un email comme j'en reçois deux cent par jour. De la pub pour un site de rencontre, voilà qui change un peu du Viagra et autres extenseurs de péniche. Allez hop, poubelle et retour à mes équations. Je passe un moment à regarder à travers mon écran, et puis dans un soupir, retourne à ma poubelle pour en extirper l'email tout froissé. Elle est chez ses parents pour deux semaines, je passe dix heures par jour au bureau, ça me changera les idées, allégera un peu cette solitude passagère. Et puis, c'est juste pour rire, pas vrai ?
Ecrit par Barjac dans la rubrique Infidélités
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Samedi 28 Juin 2008
Nous marchons lentement, un peu ivres, et puis nous arrêtons, sur le pont. Sous nos pieds, les lumières dansent à la surface, noire, du canal. Depuis quelques instants, la conversation s'est faite sérieuse. Curieusement, c'est S. qui a amené le sujet. C'aurait pu être moi. Nous remontions Broad Street, la rue des bars et des boîtes, à contre courant, comme deux saumons au milieu d'une marée de mini-jupes. "T'arrive-t-il, parfois, de regretter l'adolescence ?" Touché juste mon vieux. La porte étant ouverte, je lui raconte. A propos de Ch. A propos de M. Ce sentiment de désensibilisation, d'habitude. Nous en convenons : tant à changé dans notre façons d'aimer, depuis nos quinze ans. L'intensité a disparu, la passion s'est éteinte. Nous vivons avec de chouettes filles, et sommes heureux environ vingt-neuf jours par mois. Mais le trentième jour, il y a toutes ces questions. La question du mariage, bien sûr. Cela nous pend au nez, à l'un comme à l'autre, et tous deux sommes indécis. Ce n'est pas elle, c'est cette drôle de vie qui veut qu'on aime pendant dix ans, et puis qu'on mette nos sentiments à la poubelle. Qu'on "se pose", en d'autres mots que l'on renonce à toute passion, au grand frisson des premiers instants. Ce n'est pas que je ne l'aime pas, c'est juste que le mot "aimer" a perdu sa saveur.
Ecrit par Barjac dans la rubrique Infidélités
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Mardi 20 Mai 2008
Passé une heure à regarder le plafond avant de pouvoir enfin trouver le sommeil. Tiré des plans sur la comète, torturé mes méninges pour qu'elles recrachent son numéro de téléphone (avec succès, je crois, mais qu'importe), imaginé qu'elle était peut-être mariée (aïe), imaginé qu'elle ne l'était peut-être pas, qu'elle était peut-être seule, et si elle n'osait pas prendre contact, qu'on se retrouvait à 70 piges pour réaliser qu'on pensait chacun à l'autre pendant tout ce temps, tout ce temps gâché. De quoi se tirer une balle. Bien sûr, je m'emballe. Ouvert la boîte de Pandore, et me voilà boule de neigeant sur un flanc de colline. C'est moi il y a quatre ans, retournant là-bas, mais que croyais-je ? Que le monde s'était arrêté de tourner avec mon départ ? Assez. J'ai brûlé les ponts derrière moi, dans un élan de lucidité. J'ai du revenir à la nage, j'avais oublié de lui demander quelque chose ; ça n'a pas été une partie de plaisir. La prochaine fois, penser à poser les questions d'abord, et à me couper la retraite ensuite. Ca facilitera les choses.
Ecrit par Barjac dans la rubrique Infidélités
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Dimanche 18 Mai 2008
Erky sous un ciel de plomb. Ecouter le murmure incessant des vagues, marcher sur le sable, lentement. Ouvrir les bras pour laisser le vent s'y engouffrer, faire claquer les vêtements, fermer les yeux et se sentir léger. S'emplir de cette odeur d'iode qui rend triste, apprécier la solitude. Regarder, au loin, les crêtes blanches des vagues, jouant à saute-moutons, là-bas, au pied d'un horizon courbé. Passer devant d'immenses maillons de chaînes, couverts de rouille, réaliser combien l'on est petit, sous ce ciel en couvercle de cocotte minute, devant cette infinie étendue d'eau grise, et comme chaque dimanche est une petite mort. Saluer un chien et son maître. Arriver au bout de la plage, s'arrêter au pied des rochers, qui abritent tant de petites mers avec leur population de coquillages, tant de trésors pour les enfants l'été. Se retourner brusquement, au son d'une voix. Et découvrir, en face de soi, des kilomètres de plage absolument déserte, des kilomètres d'eau sauvage. Juste un chant de sirène, mais il n'y a que le vent pour poser sa main sur notre épaule. Alors, sentir une vague sur le point de s'abattre, fouiller fébrilement dans la poche frontale, casser une allumette, en craquer une seconde, laisser la fumée nous envahir, tel un brouillard tiède qui recouvre les peines.
Ecrit par Barjac dans la rubrique Infidélités
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Dimanche 11 Mai 2008
Passé l'après-midi à éditer une partition de l'excellent groupe Motion City Soundtrack (si vous ne connaissez pas, c'est le moment de faire vos recherches). Elle a un exam dans un mois donc elle bosse tout le temps. On se voit à peine. J'ai presque oublié qui elle était. On descend manger une pizza en ville. Traversée lente de la rue des boîtes, avec sa faune du meilleur goût. A l'entrée des boîtes, des poupées Barbie à moitié nues sensées attirer la clientèle, et des videurs aux airs de truands pour contenir les débordements qui ne sauraient qu'en découler. Avec la chaleur, les jupes se sont multipliées, et nous venons nous joindre à une foule moite, essentiellement féminine ; il est tôt, les hommes sont encore chez eux à noyer leur nervosité dans l'alcool. Ils débarqueront vers vingt-trois heures, quand suffisamment désinimbhibés. Grand troupeau d'idiots en quête d'ils ne savent plus bien quoi, quelque chose de moelleux enveloppé dans un peu de satin ou de coton. On demande une table en terrasse, ce qui ennuie la serveuse qui avait prévu de nous coller dans un recoin minable.
Ecrit par Barjac dans la rubrique Infidélités
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Vendredi 01 Août 2008

