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Paris Manège
Paris, souvent, me manque. J'ai connu peu de villes où l'on puisse marcher pendant des heures sans jamais passer deux fois par le même point. Paris est une de celles-ci, avec tant de quartiers, de boutiques, de visages différents. Des parcs où l'on s'arrête quelques temps pour observer les passants, le bruissement de la vie depuis les feuilles des arbres jusqu'aux cris des enfants. Le sentiment d'appartenance, plus que tout. Ma mère la Seine, mon Louvre père, grand-mère Notre-Dame et le grand-père Lachaise. Le bouquiniste de Gérard, dans sa petite rue sombre. Les lions, les ponts, les glaces Berthillon. Les canards qui barbotent dans les fontaines du Sénat, entre les bateaux de bois des mômes, et les nuages qui flottent en silence sur l'eau. Le grand manège de la vie, et les femmes jolies... la solitude, aussi. Les poings au fond des poches et le coeur qui s'accroche. Sur votre poitrine, tel une broche. Alors les cigarettes amères, juste pour avoir l'air, pas l'air tellement malin, à jeter des caillots dans le canal Saint Martin. Tourne, il tourne, le manège, et l'autre il reste là, fasciné par tout ça, des lumières les éclats, les grands chevaux de bois, et les carrosses peints. Bonheur giratoire, jeunesse centrifugée. Il reste là, lui, les yeux rivés, le visage grave. Il a la trouille, au fond. Oh non, pas du manège. Seulement des manégés. Peur des autres. S'il n'y avait personne, il monterait sur le cheval bleu et galoperait jusqu'à Quimper, revoir, encore, la mer. Alors il reste à l'écart ; il observe, il narre. Il n'est plus qu'un regard. Un désir, un miroir. Au Luxembourg, les canards ! Paris, parfois, me manque.
Ecrit par Barjac, le Mardi 17 Juillet 2007, 11:29.
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